Direction l'Irlande afin de tester l'efficacité de la production horrifique locale, à base de champignons hallucinogènes…
Cinq jeunes américains s'envolent pour l'Irlande afin de retrouver leur ami Jake et de s'offrir quelques jours de camping en forêt. L'occasion aussi d'expérimenter les champignons locaux aux vertus hallucinogènes, pour ce qui sera le trip de leur vie … Tel est le pitch de ce petit film d'horreur arrivant sur le tard dans notre contrée, soufflant le chaud comme le froid.
On déplore d'abord le scénario, faussement original, qui peine par l'utilisation de routines scénaristiques, de la mise en place des personnages à la création de conflits internes artificiels à seul but narratif. Comme trop souvent, les protagonistes sont donc trop peu, ou mal, caractérisés pour que l'on se soucie véritablement de leur sort. De plus, passé le prétexte initial des champignons hallucinogènes,
Shrooms ressort rapidement les poncifs du genre tels la légende régionale morbide ou les rednecks locaux, ne faisant ainsi du point de départ qu'un alibi scénaristique destiné à le sortir du tout venant horrifique. Il n'exploite alors qu'en surface son potentiel, en ne s'en servant que pour instaurer un flou perceptif lorsque le petit jeu de massacre débutera. Ce qui marche d'ailleurs plutôt bien. Mais ce qui n'offre également que deux faibles portes de sorties, sauf coup de génie, qui ne se produira pas. La conclusion précipitée termine alors l'aventure sur un gout amer.
Bien que très inégal, la mise en scène apporte cependant un net surplus d'intérêt à cette histoire, tout de même sympathique malgré ses aberrations. Ainsi,
Paddy Breathnach fait preuve d'un certain sens pictural et offre nombre de plans qui méritent le coup d'œil, créant une certaine ambiance lorsque l'atmosphère est posée. Cependant, en contrepartie, et par la recherche d'une originalité graphique à tout prix, il fait preuve d'autant de mauvais gout dès qu'il s'agit d'illustrer les trips hallucinatoires et autres artifices horrifiques, entre grain excessif, ralentis/accélérés, halos brumeux cerclant l'image … La réalisation perd alors en lisibilité à quelques reprises.
Après une première partie alternant donc ces qualités et défauts,
Shrooms convainc presque par la seconde partie où le réalisateur nous sert une course poursuite macabre hallucinée qui parvient à combiner les quelques qualités du scénario et de la mise en scène pour un résultat créant un semblant de vertige entre réalité et fantasme, bien qu'extrêmement foutraque dans sa construction. Sans être véritablement sanglante, cette partie parvient alors à captiver. Ayant l'intelligence de ne s'étendre que sur 1H15 effective,
Shrooms se révèle alors comme un trip sympathique et efficace, bien que loin d'être inoubliable. Partant un peu dans tous les sens, Shrooms reste un divertissement horrifique agréable, bien qu’il passe totalement à coté de son sujet.