Eddie Murphy se dédouble encore une fois dans le nouveau film de Brian Robbins. Est-ce bien raisonnable ?
Après le tournage de
Norbit l'année dernière,
Eddie Murphy et
Brian Robbins ne se quittent plus. En effet, ils remettent le couvert avec cet
Appelez-moi Dave très inégal. Et pourtant, ils ont déjà débuté le tournage de
A thousand words qui devrait sortir en France début 2010. Bon, au moins, on a le temps de se reposer un peu.
Appelez-moi Dave conte donc l'histoire (simplette) d'un équipage extra-terrestre dont le commandant et le vaisseau (de forme humaine) sont joués par le célèbre comique américain. On a alors le grand
Eddie Murphy (le vaisseau : très, très irritant avec ses grimaces) et le tout petit (l'alien de 5cm environ, plus posé mais pourtant plus rigolo). Le vaisseau arrive à New-York et les membres de l'équipage sont censés s'adapter aux coutumes terriennes pour contrôler les membres du vaisseau et qui doit passer inaperçu. Leur mission : récupérer une météorite pompeuse d'eau qui assècherait les terres humaines pour prendre le précieux liquide riche en sels minéraux et sauver leur planète. On pourrait croire le scénario inventif mais il ne donne (en tout cas dans sa première partie) qu'une somme de lieux communs (l'étranger qui fait tout ce qu'il ne faut pas faire, par exemple, ici, vider une bouteille de ketchup cul-sec), gags scatologiques, gesticulations et grimaces en tous genres pas très convaincants, pour tout dire, absolument pas drôles.
Puis Dave le vaisseau va rencontrer la mère du gamin (
Elizabeth Banks, vue récemment dans
Un jour, peut-être et bientôt dans
W. - L'improbable président d'
Oliver Stone dans lequel elle jouera Laura Bush) qui détient le précieux objet, et il va s'ouvrir de cette façon aux sentiments humains. Résultat : le sentimentalisme de bas étage fait son apparition, et avec lui l'ennui nous gagne. Puis, quand le film perd un peu de vue son sujet premier et s'intéresse davantage aux autres personnages (en particulier, les membres de l'équipage),
Appelez-moi Dave gagne en sympathie. Sa réalisation devient débridée, un (petit) vent de folie soufflant sur le scénario. On peut même y voir une critique du totalitarisme si on a un peu d'imagination.
En tout cas, la seconde partie, même si elle n'arrive pas à faire oublier la première, s'avère assez fun pour nous faire tenir jusqu'au bout du film. On pense un peu à
L'aventure intérieure et à ce type de cinéma qu'on aimait beaucoup à l'époque (
Les goonies pour ne citer que le meilleur). Mais on y pense très fugitivement.
Brian Robbins n'a pas le dixième du talent d'un
Joe Dante et notre émotion fugace retombe bien vite avec une fin trop sage pour ne pas dire cul-cul la praline.
Eddie Murphy a beau faire ce qu'il peut (et il se donne corps et âme), on a une envie irrépressible de lui dire de mieux choisir ses projets et d'arrêter ses niaiseries pour enfants de cinq ans. Enfin, tant que cela rapportera de l'argent, on a un peu de mal à croire en un éventuel redressement de carrière pour l'acteur. Vu son talent, c'est dommage pour lui. Et surtout pour nous... Le titre original d’Appelez-moi Dave est Meet Dave. Un conseil : évitez de croiser son chemin.