Guillaume Depardieu en SDF s'attache à un petit bonhomme, non loin du luxe de Versailles. Un beau film.
Un film traitant des SDF, on ne sait jamais vraiment comment aborder cela, on se demande si on ne va pas assister à un film démago voulant faire culpabiliser son spectateur ou si le tout ne va pas verser dans le larmoyant. Et bien avec
Versailles, point de tout ça ! Le film nous propose de suivre Nina qui erre dans les rues avec son fils Enzo. Alors qu'ils traversent un bois près du château de
Versailles, ils tombent sur Damien, qui s'est conçu une cabane dans laquelle il vit. Nina va s'en aller en laissant Enzo avec Damien. Après un temps d'adaptation, Damien va se prendre d'affection pour l'enfant.
Dans la veine d'un cinéma social réaliste,
Versailles est à mettre dans le haut du panier. Le film de
Pierre Schoeller, dont c'est le premier long faut-il le rappeler, est loin de tout peindre en noir mais au contraire se veut plutôt lumineux, porteur d'un message d'espoir fort qui amène l'émotion sans artifice ni sans faire dégouliner lamentablement les violons. C'est une humanité sincère qui se dégage de ce métrage pour lequel
Pierre Schoeller a su capter avec brio de véritables moments de vie, peignant une population de sans-abris avec leur vision de la vie, les incompréhensions et rejets qu'ils ont envers la société, dont les travers sont croqués avec finesse à travers quelques scènes des plus pertinentes (dont une très bonne réplique sur les différentes couleurs des papiers administratifs).
Ici, point de misérabilisme lourd de sens dans ce rendu habile d'un parcours initiatique et d'une belle histoire d'amour, fraîche et touchante, entre ces deux personnes que la vie a rapprochées. Porté par un
Guillaume Depardieu en grande forme et l'enfant du nom de
Max Baissette de Malglaive, au jeu vraiment bluffant de sincérité,
Versailles est un film intelligent qui ne se pose à aucun moment en donneur de leçons mais qui analyse les rapports humains avec brio. Il bénéficie en plus d'une belle maîtrise dans la mise en scène, surtout lorsque l'on sait qu'il s'agit d'un premier long métrage. L'enchaînement d'évènements est fluide et crédible, nous happant au cœur d'un film généreux aux personnages attachants.
Versailles comporte tellement de qualités qu'on ne lui tiendra que peu rigueur d'un final un peu moins inspiré, voire un peu facile, qui ne ternit en rien l'impression globale d'avoir assisté à un beau film de cinéma. Beau film social touchant sans être moralisateur, Versailles est une belle réussite portée par des acteurs épatants.