Chroniques complètement objectives
Pour mon premier vrai article, j’ai décidé de raconter ma vie (héhé). Désolé à celui ou celle qui sera tombé(e) par malheur sur ce texte et l’aura lu jusqu’au bout. Car oui, cet article est supra long (je m'en suis rendu compte à la publication...). Mais je me devais de l'écrire. M'enfin, je crois.
Aujourd’hui, je vais parler de Titanic, que j’ai pu revoir au cinéma dimanche dernier. Un film que j’affectionne particulièrement. Mais bref ; commençons l’histoire.
Hum, hum.
La semaine dernière, mon collègue et moi discutions de nos projets respectifs pour le week end :
- Et toi, t’as prévu quoi ? me demanda-t-il.
- Rien de trop spécial… M’enfin, si, normalement je vais aller voir Titanic au cinéma, répondis-je.
- Quoi ?! Mais mec, sérieux, ça sert trop à rien la 3D, ça va rien changer au film !
P’t-être bien que mon collègue avait raison. Peut-être que la 3D change rien au film. Mais ai-je vraiment envie de voir un film différent de celui qui m’a tant marqué étant petit ? Le simple fait de pouvoir le revoir une dernière fois au cinéma ne justifiait-il pas à lui tout seul le déplacement ? Mais peut-être que le fait d’avoir des tickets à utiliser avant la fin du mois m’ont aussi un peu motivés à y retourner... Certes. Mais… j’aime ce film, et c’est toujours un plaisir de le revoir.
Je me souviens de la première fois que je l’ai vu. Ça s’est passé il y a 14 ans…
« On sait ! Essaie juste de pas te rappeler de trop de choses et évite de raconter n’importe quoi ! »
Voulez-vous entendre l’histoire, ou non ? (non ?)
Hum.
Ça s’est passé il y a 14 ans, et je sens encore l’odeur des popcorns frais dans la salle de cinéma. J’y allais peu souvent à l’époque. Je ne connaissais rien des films qui sortaient, je regardais juste ceux que ma maman m’emmenait voir, allant du peu glorieux (Godzilla, de maestro Emmerich) au relativement mauvais (Belphégor, de… heu…j’irai-éventuellement-voir-plus-tard-sur-wikipédia). Un jour, elle me dit qu’elle nous emmenait, mon frère, ma sœur et moi, voir un film intitulé Titanic :
- Titanic ? Ça veut dire quoi ? De quoi ça parle ? demandais-je, sans savoir l’impact qu’aurait ce film, et même ce simple titre, sur moi (en passant, je n’ai remarqué qu’il y a quelques jours l’origine du mot Titanic - merci Wikipédia).
- Ça parle d’un gros bateau qui coule, me répondit ma maman.
Ah. Voilà qui s’annonce réjouissant ! J’ai toujours aimé les films catastrophes, c’est tellement rigolo !
Bref, nous voilà installés dans nos sièges, les publicités nous font encore un peu patienter et le film commence enfin.
Rien d’extraordinaire pour le moment. On voit une épave et des gens qui semblent chercher quelque chose. Puis qui trouvent pas quelque chose. Mais qui trouvent autre chose tout compte fait. Puis y a une vieille mamie – encore plus vieille que la mienne tiens - qui arrive. Je comprends pas tout (à cette époque j’avais du mal à écouter ce que les personnages disaient). Mais la vieille mamie semble avoir un lien avec le bateau. Tout ça me parait quand même assez long. Je commence à m’impatienter :
- Dis maman, c’est quand qu’on voit le gros bateau ? chuchotais-je à ma maman.
- Bientôt, bientôt, me murmura-t-elle.
Soudain, la mamie se met à raconter une histoire. Et nous voilà transportés dans le passé. Le gros bateau apparaît enfin dans toute sa splendeur. Cette fois, ça y est, je ne poserai plus de questions : me voilà définitivement plongé dans le film.
Bientôt viennent deux personnages. Tout d’abord une jeune femme, Rose, dont la beauté retient toute mon attention. Ensuite, un jeune homme, Jack, dont la beauté retient aussi toute mon attention, tiens (hé oui, même en tant que mec, j’ai succombé à la Leo-Mania).
Tous deux montent à bord du gros bateau. Un gros bateau qui est doute la chose la plus incroyable et la plus impressionnante que j’ai pu voir jusqu’à présent. Je suis complètement émerveillé. Ma maman avait raison, il est gros. Absolument énorme. D’ailleurs, c’est marrant comme on peut adorer les trucs énormes quand on est gamins : dinosaures, vaisseaux spatiaux, bateaux,… (« Vous connaissez le docteur Freud ? Ses idées sur la préoccupation des hommes au sujet de la taille pourrait vous intéresser »). Bref. Et en plus d’être énorme, le gros bateau est magnifique. J’espère que ma maman se trompait et qu’il ne coulera pas !
Puis les deux personnages se rencontrent. Avec eux, j’ai l’impression de faire réellement parti du voyage. Je suis à bord du gros bateau. J’y passe plusieurs jours, et pas seulement la durée du film. Jack et Rose apprennent à se connaître, s’amusent ensemble et tombent amoureux. Je me sens moi-même lié à eux. Je rie avec eux. J’ai peur avec eux.
Quand soudain… Un iceberg ! Non ! Evite le, gros bateau ! Non ! Ah !
Le gros bateau est rentré dedans ! J’espère que c’est rien de grave…
Finalement, ça s’annonce assez grave… Le bateau commence à couler…
Jack et Rose affrontent de nombreuses péripéties à l’intérieur du navire. Je suis très angoissé. Heureusement, ils arrivent à s’en tirer !
Les canots partent. L’orchestre joue de la musique. Des gens meurent. Le bateau sombre de plus en plus. C’est triste…
Et puis… Tout pète ! Voilà qui remonte mon moral et satisfait mes envies de catastrophes ! Portes explosées par l’eau, coupole détruite, cheminée qui s’effondre, bateau qui se casse en deux,… Je nage dans le bonheur. Ce n’est malheureusement pas le cas des deux personnages que j’aime tant, qui vont bientôt nager dans l’eau glaciale de l’Atlantique (belle transition, je sais).
Le bateau sombre totalement. Jack et Rose se retrouvent dans l’eau. Rose monte sur un morceau du bateau. Et là… Non ! Je ne peux pas le raconter ! C’est trop pour moi ! =’(
Bref, vous savez bien ce qui se passe…
Et je pleurs toutes les larmes de mon corps…
Heureusement, Rose parvient à se tirer de là. Ouf ! Mais… Jack… =’(
Nous revenons une dernière fois à notre époque. Rose, la vieille mamie, a fini de raconter son histoire. Puis, seule, elle va lancer le cœur de l’océan… dans l’océan, tiens. Ah ! Elle le possédait donc depuis le début ! Quelle cachotière.
(Jack ! =’( )
Elle est ensuite allongée dans son lit. On voit des photos de la vie qu’elle a menée après le naufrage. Puis elle rêve ( ?). Avec elle, je monte une dernière fois à bord du gros bateau pour retrouver Jack et les autres personnages. Je verse mes dernières larmes, tandis que le générique de fin commence.
(JAAAAAAAAAAAAAAAAAACK ! =’( )
Je me sens complètement dévasté. J’ai l’impression d’avoir le cœur brisé. Par la mort de Jack. Par la mort de toutes ces personnes. Par le naufrage de ce gros bateau. Et là, je me dis « c’est le meilleur film que j’ai jamais vu ».
(JAAAAAAAAAAA………… rrête, d’accord, promis)
Durant les semaines qui suivirent cette première séance, je fus comme obsédé par ce film. Je ne parlais que de ça. Je regardais tous les reportages ou documentaires ayant trait à ce film ou au gros bateau. Je construisais des bateaux en kapla (mais si, les fameuses planchettes en bois, regardez donc sur google) sur lesquels je faisais vivre mes bonhommes lego, avant de les faire noyer dans la poussière de mon salon. Je rejouais certaines scènes avec mes peluches. Je crachais comme Jack.
Ma mère m’emmena le revoir deux autres fois. A chaque fois, j’avais le même émerveillement devant le gros bateau. A chaque fois, je me sentais lié à Jack et Rose. A chaque fois, j’espérais de tout cœur que le gros bateau éviterait l’iceberg. A chaque fois, j’étais complètement surexcité devant le naufrage du bateau et l’eau qui casse tout. A chaque fois, j’avais le cœur déchiré par la mort de Jack. A chaque fois, je pleurais devant la scène finale. Sauf la dernière fois que je suis allé le voir ! Je me souviens m’être empêché de pleurer, parce que y a que les nuls et les fillettes qui pleurent devant les films, comme tout le monde le sait.
Je connaissais déjà les mélodies par cœur, même sans avoir acheté le CD de la bande originale ou écouté les titres sur youtube. Pas seulement la fameuse chanson de fin de la-chanteuse-dont-je-ne-souhaite-pas-voir-le-nom-dans-mon-premier-article - bien que j’avoue que je passais des après-midi entières devant ma télé dans l’espoir de tomber sur le clip. C’était l’une des bandes-son qui m’avait le plus marquées à l’époque, avec celles d’Indiana Jones et de Jurassic Park. J’admirais – et j’admire toujours - le travail de James Horner pour ce film. Tous les thèmes sont marquants ; je me souviens qu’à l’époque ma mélodie préférée était celle (assez courte d’ailleurs) de la séquence où l’eau casse tout (mwaha !) (qu’on entend dans « A building panic » de l’OST du film pour l’info), tandis que celle de mon frère, c’était la séquence du « Je suis le maître du monde ! ». Rien que le fait que James Horner n’ai pas utilisé son traditionnel « coup de trompette » - qu’on retrouve surtout dans Troie, mais aussi dans Avatar et même dans Le petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles (si je le jure ! la preuve, les premières notes de : http://www.youtube.com/watch?v=hYln0KElAlw) – fait de cette partition une merveille.
Quatorze ans plus tard…
… Me voilà un homme, un vrai, crachant comme il faut et s’habillant comme un gentleman de première classe !
Durant ces années, ma maman m’a fait découvrir plein de films qui sont devenus tour à tour mes films préférés : les Star Wars (avec des gros vaisseaux et des grosses batailles !), les Harry Potter (avec un gros château et de grosses bestioles !) et les Seigneur des anneaux (avec des grosses forteresses, des grosses armées et des grosses batailles !). Puis je suis devenu plus indépendant et j’ai appris à connaître d’autres films par moi-même, dans un autre genre : Fight Club (avec un gros Bob !), Donnie Darko (avec un gros lapinou !), 2001, l’Odyssée de l’espace (avec un gros mal de crâne à la fin du film…) ou même Plan 9 From Outer Space (avec de gros fous rires mais aussi un gros respect pour maître Ed Wood). Mes goûts cinématographiques ont évolué, tout comme j’ai évolué moi-même.
Il y a quelques jours, j’ai, après pas mal d’hésitations, donc décidé d’aller revoir Titanic, ressorti à l’occasion du centenaire du naufrage du bateau (car oui, le gros bateau a existé !) et remastérisé en 3D. Nous voilà, mon frère et moi, installés dans nos sièges, les publicités nous font encore un peu patienter (bande annonce de Dark Shadows ! Vivement qu’il sorte !), je commence à être surexcité.
« Les cinémas Pathé et Gaumont sont heureux de vous présenter votre film », nous dit la voix française de Julia Roberts (il me semble).
Puis… Le logo de la 20th Century Fox. Je commence à frissonner.
Puis… Une somptueuse mélodie de James Horner commence, et les images du Titanic, ce gros bateau, apparaissent. Je commence déjà à avoir les larmes aux yeux…
Trois heures plus tard, le constat est sans appel :
JAAAAAAAAAAAAAAAAACK !!!!!!!!!!!!!!!!!! =’(
Je me sens complètement dévasté. J’ai l’impression d’avoir le cœur brisé. Par la mort de Jack. Par la mort de toutes ces personnes. Par le naufrage de ce gros bateau. Et là, je me dis « ça restera l’un des meilleurs films que j’ai jamais vu ».
Oui, j’aime toujours autant ce film. Oui, j’ai toujours le même émerveillement devant le paquebot. Oui, je me sens toujours autant lié à Jack et Rose. Oui, je rie toujours autant devant certaines scènes (et de nouvelles scènes, comme la réplique de Rose sur Freud, que je pouvais pas comprendre étant gamin). Oui, j’espère toujours de tout cœur que le Titanic évitera l’iceberg même si je connais très bien la fin. Oui, je suis toujours complètement surexcité devant l’eau qui casse tout. Oui, j’ai toujours le cœur déchiré par la mort de Jack. Oui, je pleurs toujours devant la scène finale du film et bon nombre d’autres scènes (comme celles où l’on voit les photos de la vie de Rose, dont je n’avais pas saisie le sens étant enfant), et sans me retenir, parce que Gandalf a dit qu’il fallait pas s’empêcher de pleurer, car « toutes les larmes ne sont pas un mal ».
Pourtant, je sais que le film n’est pas exempt de tous défauts. En prenant du recul, les personnages sont assez stéréotypés : le méchant est très méchant, le gentil est très gentil. En prenant du recul, le film présente pas mal de scènes qu’on pourrait considérer comme larmoyantes, comme celle de l’orchestre jouant « Plus près de toi mon Dieu ». En prenant du recul, le film manque de rebondissements car on sait tous très bien que Rose libèrera Jack et que ceux-ci arriveront à ouvrir à clé la porte ; peut-être que le meilleur rebondissement du film est celui du type contre l’hélice (AHAHAHA !!!!). Hum. En prenant du recul (et en regardant l’émission Faux Raccords sur Allocine), le film présente des erreurs comme des reflets caméras. En prenant du recul, Jack aurait très bien pu survivre en se démerdant un peu mieux. En prenant du recul, oui.
Devant ce film, je ne peux pas prendre de recul. Je me sens comme un enfant, prenant part à une aventure extraordinaire à bord d’un gros bateau.
Alors oui, j’aime les gentils du film et j’aime pas les méchants ! Oui, je chiale devant la scène de l’orchestre ! Oui, je stresse quand Jack et Rose sont coincés dans le navire ! Oui, je me contrefous des faux raccords quand je regarde le film !
« Hé, calme-toi, mec… »
Hum, pardon. Mais j’aime pas quand les gens traitent ouvertement ce film de merde et insultent les personnes qui l’apprécient. Je n’aime pas entendre des gens dire que c’est le pire film de l’histoire. Surtout quand il s’agit d’un réalisateur tel que Robert Altman, pour qui j’éprouve pourtant du respect (« Lèvres en feu » dans MASH ! Aha ! … bref). Ou des spectateurs de la BBC One (d’après wikipédia). On dirait que vu que le film a remporté plein de prix et a été un énorme succès commercial, il faut nécessairement le considérer comme le PIRE film quand on l’aime pas. Ces spectateurs ont-ils préféré des films tels que Pirates des Caraïbes 4, Transformers ou 2012 ? M’enfin, peut-être que Robert Altman était fan de Michael Bay.
« Tu fais exactement la même chose que ces gens-là en critiquant ces films ! »
Bon, d’accord… C’est juste que ça m’agace quand des personnes parlent de ce film comme un insecte qu’il faut écraser impérativement et très rapidement. Bref.
Où en étais-je ? Ah oui, j’ai revu Titanic la semaine dernière. Peut-être vouliez-vous que je parle des changements ? Fallait le dire tout de suite ! Eh bien, on remarque très nettement le changement du ciel étoilé que regarde Rose vers la fin du film ; on voit même la petite ourse ! Hum. Non plus sérieusement, le film a donc été converti en 3D. Et là, pas de surprise, c’est de la 3D comme on nous en sert depuis la sortie d’Avatar (mais de la 3D de qualité) : donc pas de bateau qui vous tombe dessus, pas d’eau qui sort de l’écran pour vous jaillir dessus, pas de Rose qui sort de l’écran pour se déshabiller devant vous,… (je sais même pas pourquoi des gens continuent à s’attendre à ce genre de choses, le film a été simplement converti, aucune scène n’a été rajoutée). Donc si vous aimez pas la 3D des films sortis ces deux dernières années, vous aimerez pas celle de Titanic, et inversement. Pour ma part, j’ai bien aimé, le fameux gros bateau était encore plus impressionnant. Cependant, j’étais tellement plongé dans le film que je remarquais même plus la 3D.
De toute façon, ce n’était pas pour la 3D que je suis retourné voir ce film. J’y suis allé pour revoir cette fresque qui m’avait tant marquée. Et qui me marque toujours autant. Depuis dimanche, je me sens comme obsédé par ce film. Je ne parle que de ça (alors que je me contrefous des élections – je sais, c’est pas bien !). Je regarde tous les making of du film. Je lis tous les articles que je trouve sur Internet à propos de cette tragédie. J’écoute les musiques de la bande originale en boucle. Je cite fréquemment des répliques du film. Je passe mes nuits à essayer de surmonter la mort de Jack. J’écris même une chronique aussi énorme que le bateau à propos de ma « relation » avec ce film.
Ceci n’était pas une critique du film. Ni une défense par rapport aux reproches qui lui ont été faites.
Il s’agissait juste de l’histoire d’amour d'un petit garçon et d'un film sur un gros bateau qui coule.