Chroniques complètement objectives
On a tous des films dont on a beaucoup entendu parler et qu’on se sent honteux de ne pas avoir vu ; par exemple, pour moi : Sin City, le Pont de la rivière Kwaï, Elephant Man, Vercingétorix (huhu),… Il en va de même pour les actrices ou acteurs ; par exemple, tout le monde (ou presque) connait Marilyn Monroe, sans pour autant avoir forcément vu l’un des films dans lesquels elle apparait – pour ma part, je ne l’ai contemplée que dans Certains l’aiment chaud, mais personne n’est parfait (hihi). Idem pour les réalisatrices et les réalisateurs. Tiens, justement….
Y avait un réalisateur assez connu dont j’avais jamais vu le moindre film. Un réalisateur espagnol dont j’avais pourtant beaucoup entendu parler. Un réalisateur qui a gagné pas mal de récompenses prestigieuses par le passé. Un réalisateur dont je connaissais la tête, les acteurs et actrices fétiches et même les thématiques sans avoir vu la moindre de ses œuvres. Un réalisateur appelé Pedro Almodóvar (bon, je sais, suspense inutile vu que le titre de ma chronique spoilait tout). J’avais jamais vraiment eu d’occasion de voir l’un de ses films, jusqu’à… cette semaine.
Hum, hum (mots qui signifient que je vais raconter ma vie – fuyez, pauvre fous !)
Comme chaque début de semaine, je prends mon exemplaire du Télé Loisirs pour lire les dernières rumeurs concernant Plus belle la vie, faire les mots fléchés pour espérer gagner les 1000 €, lire des blagues trop drôles et la bande-dessinée de Titeuf, connaître le futur de ma vie sentimentale via mon horoscope et récupérer des numéros pour avoir des shows privés de filles sexy sur mon téléphone portable. Ah oui, en passant, je regarde aussi les programmes télé pour la semaine.
Je tourne les pages jusqu’à tomber sur LE programme le plus intéressant de la semaine : l’épisode de Joséphine, Ange gardien, sur TF1 ! Je tente de contenir mes pulsions télévisuelles et je continue ma lecture, quand soudain, quelque chose d’autre attire mon regard…
« 50 % remboursés sur l’achat de mon deuxième produit électroménager sur Cdiscount.com du 02 au 15 mai ! Mais c’est génial ! »
Je tente de contenir mes pulsions de consommateur lambda et je continue ma lecture, quand soudain, quelque chose d’autre attire mon regard…
« Penélope Cruz ! Trop hot, LOL ! Surtout dans le dernier Pirates des Caraïbes, son meilleur film ! »
Je constate alors qu’il s’agit d’une photo tirée du film du mercredi soir d’Arte, un certain Etreintes brisées…
« Etreintes brisées ? Mais, c’est un film de… Pedro Almodóvar ! J’ai enfin une occasion de voir l’un de ses films ! Youhou ! »
Par curiosité (et pour pouvoir dire « j’ai vu un film d’Almodóvar, héhé ! »), je décide donc que ma soirée de mercredi sera consacrée au visionnage dudit film.
La semaine passe avec une absence totale de surprise (de Jack). Nous voilà mercredi.
« Ce soir, je vais regarder mon premier Almodóvar ! Je suis si heureux que je fais presque des rimes, oh oh oh »
Seulement…
… Je commence à ressentir de l’appréhension. Après tout, même si les critiques le qualifient de grand réalisateur, peut être que je haïrai son style ! C’était un peu ça avec Lynch et son Blue Velvet, qui m’avait pas mal dérouté à l’époque… Mais en y pensant, j’avais beaucoup aimé Mulholland Drive, un autre de ses film ! Bon, aller, je vais quand même essayer Etreintes brisées. Comme ça, je pourrais dire « dire « j’ai vu un film d’Almodóvar, héhé ! ». Et au pire, y a Penélope. Mais…
… Je me souviens avoir vu la bande annonce de ce film lors de sa sortie en salle. Je me rappelle pas vraiment du contenu, mais juste que j’avais trouvé ça bizarre et inintéressant… Tiens, je me souviens aussi qu’un camarade de classe trouvait que Penélope ressemblait à Michael Jackson sur l’affiche du film – ça me fait rire. Hum. Je me remémore le synopsis noté dans le Télé Loisirs : je sens que ça va être un film d’auteur intimiste déroutant et incompréhensible pour un type tel que moi et que je vais m’ennuyer… Mais bon, j’aimerais passer une soirée loin de mon PC (et pouvoir dire « j’ai vu un film d’Almodóvar, héhé ! »), donc je vais me forcer à le regarder. Et en plus, y a Penélope. Cependant…
… Je suis très fatigué, la journée a été longue, je sens que je serais incapable de me concentrer et que la tentation de m’endormir sera immense – surtout si le film m’ennuie. Bon, je me mets direct en pyjama et je me couche dans mon lit, comme ça je peux regarder le début du film – des dix premières minutes, au moins – et m’assoupir ensuite. Juste histoire de voir Penélope. J’envoie un message à une amie pour lui dire, en rigolant, que je vais aller m’ennuyer devant le film d’Arte. Je garde mon portable près de moi pour communiquer et ainsi faire passer le temps en cas d’ennui majeur. Et puis, soudain…
… Le film commence.
Dans la première scène, on voit deux personnages. Un type, aveugle – le personnage principal, il me semble, d’après mes souvenirs du synopsis. Et une inconnue – plutôt jolie, d’ailleurs. Les deux discutent. Elle lui lit le journal. Il semble surpris d’apprendre la mort d’un certain Ernesto, qui j’imagine possède un rapport avec lui. Puis l’homme demande à la fille de se décrire : elle s’exécute, en insistant notamment sur le fait que son jean est moulant… Hum ? L’homme s’avance vers elle, et dit vouloir vérifier sa description : il lui touche les cheveux, le visage, et, heu… Je pense que vous comprendrez tout seul - en voilà un bon début de film !
« Diamn ! Ça me change d’Avengers, le dernier film que j’ai vu ! »
Je me dis que le film s’annonce aussi barge que je l’imaginais. Et pourtant…
… Pourtant, je m’attache rapidement au personnage principal, Mateo/Harry, un ex-réalisateur scénariste aveugle, qui va bientôt devoir faire face à son passé.
J’imagine que les mystères entourant les personnages – qui est ce jeune réalisateur qui veut absolument l’aide de Mateo/Harry pour écrire le scénario de son film ? qui est Ernesto ? et où diantre est Penélope ? – m’intriguent et me donnent envie d’en savoir plus. Mon portable est posé à côté de moi, et je n’ai pas la moindre envie de l’utiliser. Je ne regarde même plus l’heure. Mon envie de dormir est passée.
Mateo/Harry raconte à son jeune protégé l’histoire d’une femme, Magdalena. Voilà qu’intervient (enfin !) Penélope. Ahhh… Extase… Extase divine… C’était splendeur et splendosité fait de chair… Hum, pardon, je m’égare.
On suit les mésaventures de cette jeune femme : la maladie de son père ; l’intérêt que son patron, Ernesto, lui porte ; sa vie de couple avec ce même homme, jaloux et véritablement obsédé par elle ; son envie d’être actrice ; … puis sa rencontre avec Mateo/Harry.
Ils deviennent très rapidement amants, tandis qu’Ernesto devient de plus en plus parano et jaloux. C’est l’amour fou. Je suis complètement passionné par cette liaison - je crois que j’ai toujours eu un faible pour les histoires d’amour passionnées, irraisonnables et sans espoir.
Au final, je suis tellement plongé dans le film que j’en oublie tout le mal que j’en avais pensé. Les deux heures passent très vite - bien que je doive regarder l’heure quelques fois vers la fin à cause de ma fatigue. Et le film se termine… (déjà ?!)
… Et je constate que j’ai passé un très bon moment ! Au point que je décide d’écrire une chronique à propos du film.
Non pas pour expliquer ce qui m’a plu dans le film. J’ai d’ailleurs jamais trop cherché à comprendre pourquoi j’aimais tel film ou non. Et je suis incapable d’avoir un avis objectif sur une œuvre… même si j’imagine que la majorité des spectateurs seront d’accord avec moi si je dis qu’Etreintes brisées possède un scénario très scénaristique, des personnages très personnifiés, des musiques très musicales, une mise en scène très scénique et un montage très… monté ! (un futur critique de cinéma, héhé !)
Ni pour expliquer ce qui m’a pas plu dans le film. Là par contre, y a quelques petites choses, comme certaines révélations de Judit à la fin, ou la VF (oui, bon, rien à voir avec le film, mais je peux pas mettre les films en VOST sur ma télé, ce qui m’embête pas mal). Mais rien de trop grave.
Ni pour raconter tout ce qui se passe dans le film.
C’était plus pour décrire les préjugés qu’on peut avoir à propos de films, l’appréhension qu’on peut ressentir quand on va regarder une œuvre d’un cinéaste dont on a beaucoup entendu parler et… Ah oui, tiens, Almodóvar !
Au final, je me dis que pour un premier Almodóvar, ça m’a carrément plus et que je souhaite en voir d’autres. Je me dis que c’est dommage d’avoir manqué Femmes au bord de la crise de nerfs, diffusé sur la même chaîne en début de semaine. Mais je me dis aussi que Volver, programmé la semaine d’après (toujours sur Arte - décidemment, quelle chaîne merveilleuse), aura un spectateur de plus !
Au fait…
… J’ai vu un film d’Almodóvar, héhé !
posted the 05/13/2012 at 09:29 AM by
f0lki !