Benoît Delépine et Gustave Kervern les papas de Groland, livrent leur nouveau long métrage, Le Grand soir, avec Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel.
Si Aaltra et Avida faisaient figures de comédies barrées un peu « pour érudits », Louise-Michel et Mammuth furent de grands succès populaires pour Benoît Delépine et Gustave Kervern qui n’en perdaient pas pour autant leur esprit frondeur, et voilà qu’ils reviennent à la réalisation avec cette satire sociale loufoque. On y suit les Bonzini, qui tiennent une pataterie dans un centre commercial. Ils ont deux fils : Not, le plus vieux punk à chien d’Europe, et Jean-Pierre, vendeur de literie. Quand ce dernier se fait virer, il rejoint Not et sa punkitude et ensemble ils vont filer vers le grand soir…
Les amateurs de Groland en auront encore une fois pour leur argent avec ce film débridé sur fond de critique sociale, comme d’habitude chez leurs auteurs. Bien qu’on puisse tout de même remarquer une charge ici moins lourde que sur leurs précédents films au bénéfice de la tonicité d’une comédie qui enchaîne les gags plutôt bien sentis à vive allure, le duo fait preuve d’un vrai talent pour rendre leurs effets percutants, dans un film bon enfant qui a certes ses limites, mais dont l’efficacité ne peut être démentie. Opérant une opposition savoureuse entre le punk « libre » et la société moderne aliénante, Le Grand soir montre un panel de personnes gentiment illuminées et profite du talent et de la grande force comique de ses deux acteurs principaux, Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel, qui savent livrer le quota de folie nécessaire pour coller à l’univers des deux metteurs en scène, dont l’ambition première visible sur ce film est de faire rigoler avant tout son public, ce qui est un pari réussi haut la main. On signalera également une prestation forcément remarquée de Brigitte Fontaine dans le rôle de la mère de famille (évidemment à l’ouest) et l’apparition sympathique de quelques guests comme Gérard Depardieu, Yolande Moreau, Miss Ming et Bouli Lanners.
Benoît Delépine et Gustave Kervern livrent un sympathique Grand soir, qui aurait pu être plus féroce mais qui est indéniablement efficace, porté par un duo Benoît Poelvoorde / Albert Dupontel déchainé.
7/10