John Hillcoat, le réalisateur de
La Route, présente en compétition à Cannes
Des hommes sans loi, avec un gros casting.
La sélection cannoise sort les flingues et nous envoie dans la Virginie en pleine période de la Prohibition.
Des hommes sans loi (
Lawless en VO) nous fait suivre les aventures de la famille Bondurant, composée de trois frères. Le plus jeune, Jack, est un ambitieux qui veut développer la revente d'alcool à grande échelle malgré les risques que cela comporte. Howard est le bagarreur qui n'hésite pas à foncer dans le tas. Forrest, l'aîné, est en quelques sortes le sage qui tente de gérer au mieux le business familial. Il va prendre sous son aile Maggie, qui débarque de Chicago, tandis que dans le même temps, les forces de l'ordre et les gangsters rivaux vont commencer à en avoir après eux et leur affaire lucrative, mais illégale.
Des hommes sans loi revisite le western et le film de gangsters et le fait sans détour, assumant sa frontalité dans la violence et la psychologie des personnages parfaitement délimitée où chacun à sa propre caractéristique. En ce sens, le film de
John Hillcoat est une œuvre assez pure, certes sous influences, mais très efficace, où chaque engrenage s'emboîte bien et les rivalités sont les moteurs d'une tension palpable culminant sur des scènes d'affrontement ou d'agression d'une brutalité sèche, comme pour mieux montrer un réalisme sanglant et effrayant qui règne dans ce milieu où le choix de vivre en dehors des lois ne se fait pas sans lourdes conséquences, chacun risquant à chaque instant un lourd châtiment. Pour que le spectacle fonctionne à plein, on y trouve un méchant iconique à souhait incarné par un
Guy Pearce qui prend visiblement un malin plaisir à jouer le salaud de service sans pitié. Si on peut toujours avoir quelques réserves sur
Shia LaBeouf qui paraît un peu tendre pour se fondre dans un univers aussi dur,
Tom Hardy et
Jason Clarke s'avèrent quant à eux très crédibles dans les rôles de ces cow-boys rugueux, parfaitement accompagnés par
Jessica Chastain, que l'on voit de plus en plus dans des gros projets avec un certain plaisir. Si l'histoire s'avère au final pas follement originale et le traitement un peu trop direct (
ça aurait pu être parfois plus subtil),
Des hommes sans loi fait office de divertissement de plutôt bonne qualité qui n'hésite pas à se moquer gentiment des figures héroïques de ses personnages.
John Hillcoat livre avec Des hommes sans loi un film à la lisière du western et du film de gangsters, qui en reprend les codes sous forme d'un divertissement brut efficace, qui a toutefois ses limites.