Le remake d'un thriller israélien écrit par les scénaristes de Kick-Ass et Les Chèvres du Pentagone, et réalisé par le metteur en scène de Shakespeare in Love.
Autrefois agent du Mossad, Rachel Singer est chargée avec deux coéquipiers de ramener devant la justice israélienne le « chirurgien de Birkeneau », un criminel de guerre nazi s'étant illustré par l'abomination de ses expériences scientifiques dans les camps de concentration, réfugié sous une fausse identité à Berlin Est. Malgré une préparation méticuleuse, la mission échoue à moitié lorsque Rachel se voit obligée d'abattre son prisonnier en fuite, ce qui n'empêche pas les trois agents de revenir en héros dans leur pays. Trente ans plus tard, la fille de Rachel publie un livre sur son histoire. C'est alors que son ancien partenaire David se donne la mort et que le patient d'un hôpital psychiatrique en Ukraine affirme être le « chirurgien de Birkeneau ».
Pitch accrocheur, casting attrayant (
Helen Mirren,
Sam Worthington,
Tom Wilkinson,
Ciaran Hinds…), scénaristes talentueux (
Matthew Vaughn,
Jane Goldman (
Kick-Ass !!!)),
L'Affaire Rachel Singer partait plutôt sur un bon pied si on oubliait le fait que ce remake de
Ha-Hov d'
Assaf Bernstein (diffusé en France uniquement à la télévision) se voyait confié à un metteur en scène peu excitant (
John Madden) et à un autre plumitif,
Peter Straughan apte à transformer un pitch de départ en or en un objet de plomb (le décevant
Les Chèvres du Pentagone). Même s'il n'est nullement question de rejeter la faute du semi-échec que constitue le film sur les deux dernières personnes citées, on peut réellement se demander si leur présence au générique n'a pas renforcé le résultat final ; celui-ci, mal agencé dans sa construction narrative, est loin d'être mauvais mais tout aussi loin de demeurer irréprochable.
Si la première moitié de
L'Affaire Rachel Singer, située dans les années 60, constitue la partie la plus intéressante et palpitante du long-métrage divisé en deux segments temporels bien distincts, c'est paradoxalement celle qui pose le plus de problème du point de vue de la finalité de l'ensemble. Pourquoi prendre tout ce temps à nous expliquer les raisons d'un échec (la cible s'est enfuie dans la nature) et du mensonge qui sera mis en place ? Un flash-back condensé et efficacement illustré aurait largement suffit à lancer le second segment de ce thriller qui faute d'espace s'expédie à la va-vite dans une intrigue mollement conventionnelle. Tout comme l'est cette encombrante romance à trois qu'essayent par dessus tout de développer les auteurs sans toutefois la faire émotionnellement exister à l'écran. Du remplissage.

Voilà sans doute le problème majeur de ce thriller qui éprouve de nombreuses difficultés à s'incarner brillamment au travers de comédiens au(x) talent(s) sous-exploité(s). Les hommes en sont généralement pour leur frais, à l'exception de
Jesper Christensen (le Mr. White de
Casino Royale et
Quantum of Solace) éclipsant en un clin d'oeil ses partenaires par une disposition à jouer les méchants de service avec une glaçante malice faisant froid dans le dos. Ses quelques échanges verbaux avec ses ravisseurs constituent les meilleurs passages de
L'Affaire Rachel Singer qui arrive tout de même à payer de justesse son tribut par une volonté de proposer un regard et une sensibilité féminine sur un sujet intensément masculin.
Un long-métrage dont on attendait un peu plus qu'un simple thriller pas désagréable à suivre mais pas franchement inoubliable.