Après le crypto-gay Never Back Down, le film de baston revient en petite forme avec Fighting de Dito Montiel.
Ancien boxeur universitaire renvoyé des compétitions pour avoir battu son entraineur et père, Shawn arpente les rues de la mégalopole new yorkaise où il tente de survivre de ventes à la sauvette de contrefaçons qui ne lui rapportent même pas de quoi se loger. Sa rencontre avec Harvey, un magouilleur de première, va l'entrainer dans le monde souterrain des combats clandestins. En cas de victoire, il peut espérer gagner en une soirée suffisamment d'argent pour lui garantir une vie meilleure. Au fur et à mesure des ses rencontres, les gains se font de plus importants et le risque de tout perdre en un claquement de doigt aussi. Shaw réussira-t-il a rester debout ? Parviendra-t-il à conquérir le cœur de la jolie serveuse infortunée ? Toucherons-t-il ensemble le pactole après une ultime confrontation avec l'ennemi juré du héros ?
Autant de questions auxquelles il ne faut pas beaucoup de jugeote pour trouver les réponses adéquates. Peu importe,
Fighting n'est pas une production censée carburer à l'intellect mais à la testostérone débordante, à la sueur dégoulinante et au punch dévastateur. Le minimum de tout film de baston façon
Le Bagarreur de
Walter Hill qui se respecte. Et pourtant la réalisation de
Dito Montiel n'arrive que chichement à fournir le minimum syndical espéré. Pour un métrage supposé bourrin, Figthing apparaît vraiment mou du genou avec ses quatre pauvres affrontements (dont les deux premiers ne valant pas tripettes), parsemant une intrigue ne faisant qu'empiler maladroitement et laborieusement (il faut voir avec qu'elle lourdeur nous est balancé le background du personnage principal) les conventions et usages du cinéma américain basique et feignant. Héros finalement trop propre sur lui, jolie pépée latino trop facile à emballer, mafieux pas rigolos, et gros happy end indécent balancé sans aucune honte. L'enchevêtrement des scènes est à ce point automatique que l'on en vient à s'interroger sur la logique de l'ensemble.
Car après tout, comment un minet aussi peu charismatique que
Channing Tatum peut enfiler les matchs alors qu'il nous est présenté d'emblée comme un combattant peu doué ? Son triomphe sur son premier adversaire étant dû essentiellement à la chance ! Dans ces conditions, comment les organisateurs de ces parties de free fighting ne pardonnant pas la moindre erreur peuvent-ils vouloir miser un maximum de pognon sur un cheval pareil ? Des pinailleries assurément, toutefois on a que ça à faire en attendant l'essentiel du sujet qui tarde à entrer au cœur de l'action malgré une certaine volonté de rigueur et de sécheresse dans l'application de la mise en scène demeurant à l'état embryonnaire.
Pour s'assurer de la victoire, las auteurs de Fighting auraient dû mieux armer leur script contre les pièges du genre. Manque de muscles, manque d'esprit combatif, manque de tripes… A retourner au vestiaire.