C'est auréolé de son Prix du Jury au dernier Festival de Cannes que sort Fish Tank, le nouveau film d'Andrea Arnold après Red Road.
Andrea Arnold va prendre goût à recevoir le Prix du Jury lors de la présentation de ses films à Cannes. En effet, après
Red Road,
Fish Tank glane le même trophée. Le Jury a donc été touché au cœur par ce métrage, et on le comprend. On y suit Mia, jeune adolescente de 15 ans en manque de repères, virée du collège, rejetée par les filles de son quartier, vivant dans un foyer bordélique où sa mère célibataire boit pas mal et où le langage grossier est la norme. Un jour, sa mère ramène à la maison un certain Connor, visiblement un homme bien qui pourra peut-être apporter le calme et la stabilité. Visiblement…
Caméra au poing, la cinéaste colle aux basques de son personnage principal pour ne jamais le lâcher. Belle évocation d'une tranche de vie poignante,
Fish Tank est tout d'abord le théâtre d'une grande révélation, celle de
Katie Jarvis, comédienne parvenant à retranscrire avec la plus grande justesse toute la rage intérieure qui caractérise Mia, cette adolescente malmenée par la vie, qui va également découvrir le désir. La relation d'abord ambiguë puis rapidement évidente qu'entretiennent les deux protagonistes de cette histoire d'amour interdite est superbement retranscrite, à coups de regards discrets, et se fond superbement au récit général sans en entraver la bonne marche.
Fish Tank suit donc cette adolescente et permet également d'exposer habilement la réalité de plus en plus répandue de la famille monoparentale, avec les difficultés qui en découlent et leurs conséquences éventuelles sur les enfants, pris au piège. On y trouve même en filigrane une habile réflexion sur l'influence de la télévision et du marketing sur ces jeunes esprits déboussolés, qui prennent leurs modèles là où on leur donne.
Fish Tank dispose donc d'une histoire solide, ne versant pas dans la caricature, qui permet au personnage de Mia de toujours garder ce réalisme, renforcé par un cadrage toujours au plus près. Sur les deux heures de bobine, on regrettera à peine quelques longueurs ça et là, conséquence d'un choix pourtant plutôt pertinent de ne pas utiliser de musique pour enrober les scènes. Ici, pas de violons pour faire pleurer dans les chaumières donc, mais le bon reflet d'une vraie misère sociale, sans pour autant tomber dans le piège du misérabilisme. L'évocation est donc plutôt brillante et permet au métrage de savoir captiver son auditoire, d'autant plus que la distribution est brillante. En plus de l'éclatante
Katie Jarvis, on retrouve
Kierston Waering, déjà épatante dans
It's a free world… de
Ken Loach, ainsi que
Michael Fassbender, qui a déjà pu montrer ses talents d'acteur dramatique récemment dans
Hunger et
Eden Lake.
Belle évocation d'une tranche de vie, porté par un casting solide, Fish Tank permet la révélation de l'éblouissante Katie Jarvis.