Après le succès de Va, vis et deviens, Radu Mihaileanu revient et nous convie à voir Le Concert.
C'était il y a quatre ans déjà, en 2005, que
Va, vis et deviens avait eu une belle carrière sur la durée en salles pour dépasser les 500 000 entrées cumulées. D'un film grave,
Radu Mihaileanu passe à une œuvre plus dans la veine tragi-comique avec
Le Concert, orné d'un casting international. Nous voici aux côtés de Andrei Filipov, ex-grand chef d'orchestre du fameux Bolchoï, qui a vu sa vie brisée il y a 30 ans et qui est désormais homme de ménage. Mais un jour, il intercepte un fax et va se faire passer, accompagné de ses anciens amis, pour le nouvel orchestre du Bolchoï afin d'organiser un grand concert à Paris avec la jeune star du violon Anne-Marie Jacquet. Bien évidemment, tout cela ne sera pas de tout repos…
Le Concert est du beau cinéma humaniste, non sans défauts, mais réellement charmant.
Radu Mihaileanu réussi parfaitement à effectuer une construction scénaristique fluide alliée à un rythme bien aiguisé qui permet de rendre les deux heures de projection parfaitement divertissantes. Si quelques raccourcis et incohérences minimes jonchent le récit, ce n'est finalement que pour mieux le faire avancer, ceci étant allègrement rattrapé par un film à la douce folie slave où le réalisateur a très bien su associer l'émotion à l'humour sans que l'un ne pâtisse de l'autre. De cela ressort une grande humanité qui fait du bien à voir, le récit étant orné d'une multitude de personnages tous assez soignés, même les seconds rôles ayant une vraie place à l'écran et une vraie fonction dans l'histoire. Ainsi, même si certains passages peuvent paraître trop gros pour être honnêtes, on est bien vite rattrapé par la grande énergie qui emplit le métrage et l'empathie que suscitent ses protagonistes.
On saura passer outre une légère baisse de régime dans le deuxième tiers et une représentation de flash-backs parfois confuse tant la douce folie présente est emballante, et le message de fond sur la dignité humaine adressée avec tact. Le réalisateur réussit d'ailleurs à bien imbriquer les événements afin que le concert final soit le véritable climax du film où les émotions explosent, superbement porté par la musique classique, et filmé de façon dynamique. Et en bonus, on trouve en toile de fond une petite critique politique rendue assez jouissive à travers le personnage de Ivan Gavrilov, ex-homme influent du grand parti communiste d'époque qui se raccroche à sa gloire d'antan. On saluera aussi l'interprétation, où chacun des acteurs se trouve parfaitement à sa place, même si les acteurs russes se mettent plus en évidence face à des acteurs français au jeu plus sobre.
François Berléand et
Lionel Abelanski sont un peu réduits à des arguments comiques,
Miou-Miou joue tout en réserve, tandis que
Mélanie Laurent réussit à convaincre ne serait-ce que par sa prestation décisive lors du concert final où elle parvient à rendre une copie toute en fragilité adéquate, ce sans quoi tout l'édifice aurait pu s'écrouler.
Le Concert est un beau film qui réussit à allier efficacement comique et émotion, dont les quelques incohérences sont vite rattrapées par la vivifiante énergie.