Le nouveau Ghibli est arrivé… enfin presque, mais faut-il pour autant se jeter dessus ? Pas si sûr.
Dans la banlieue de Tokyo, sous la maison d'une vieille dame et de sa bonne se cache Arrietty, une minuscule petite fille qui vit en secret avec sa famille. Ils vivent de nourritures volées aux humains, et d'objets de la vie de tous les jours transformés pour leur survie. Seulement voilà, alors qu'elle gambade tranquillement dans le jardin, elle va se faire voir par le fils de la vieille dame, Sho, venu se reposer avant une grave opération. Une toute nouvelle aventure commence alors pour la jeune fille…
Un nouveau Ghibli est toujours un évènement en soi, car le studio a toujours su émerveiller petits et grands, notamment au sein des réalisations de sa star,
Hayao Miyazaki. Mais le vieil homme a pris un peu de recul avec ce monde et prend depuis énormément de temps pour peaufiner ses prochains films. Pour palier ces délais (et parce que le distributeur français, Disney, n'a plus de films datant des années 80/90 à rééditer !), le studio s'appuie depuis quelques années sur des réalisateurs comme
Goro Miyazaki (
Les Contes de Terremer) ou encore
Isao Takahata (
Pompoko) chargés de prendre la relève. Pour
Arrietty, c'est l'homme de main de
Miyazaki sur
Le Voyage de Chihiro qui s'est chargé de la réalisation de son premier film pour Ghibli. Le challenge était grand, c'est LE film du studio en 2011, et il ne fallait pas décevoir. Problème, si le film garde les fondations du genre, il manque quelque peu le coche et se révèle finalement moins prenant que ce qui a été fait jusqu'à aujourd'hui par les doigts de fées venus du Japon.
On pourrait reprocher à
Arrietty d'être trop proche de ce qui a déjà été fait sur
Mon voisin Totoro. Une sorte de retour aux sources donc, mais qui se fait de manière assez amateure. Car ce qui frappe le plus durant les 1h30 que dure le film, c'est sans doute son manque de rythme. Il n'y a en effet aucun véritable but, si ce n'est suivre une amitié naissante. On avait pris l'habitude de suivre un scénario plus ou moins évolué, de la petite fille coincée dans le monde des fantômes, à la petite sorcière, en passant par un tableau sur la guerre au Japon et sur la famine qui s'ensuit. Il était donc loin le film peignant les aventures de deux sœurs découvrant le monde de Totoro, une créature magique de la forêt japonaise.
Totoro, c'est un peu l'œuvre qui a bouleversé toute une génération, arrivant à passionner les foules malgré un scénario inexistant nous invitant uniquement à plonger dans un univers prenant et unique en son genre. Et c'est en cela qu'
Arrietty se distingue des précédentes productions de Ghibli, mais sans pour autant faire mieux que son maître. Il fait même moins bien et le film se révèle d'ailleurs un poil trop long à certains moments. Les personnages sont moins attachants qu'à l'accoutumé, on a clairement du mal à s'intéresser à ces petits êtres qui se révèlent pourtant extrêmement bien travaillés grâce à une gestion des décors qui n'est pas sans rappeler la série de livres pour enfant « La Famille Souris » de Kazuo Iwamura, où chaque objet de la vie de tous les jours du côté de l'homme sont momentanément modifiés pour s'adapter à la taille des Chapardeurs. On découvre donc les petits trucs et astuces de ce monde forcément miniature avec un plaisir non dissimulé, mais le plaisir s'arrête là.
Sans pour autant être une déception, Arrietty, le petit monde des chapardeurs n'arrive pas à faire mieux que ses aînés. Cependant, le travail effectué sur l'univers révèle la parfaite maîtrise technique du réalisateur, une maîtrise qui pourrait être bien utile à Hayao Miyazaki pour ses projets futurs. Quoiqu'il en soit, la relève n'est pas encore pour cette année !