Michael Bay persiste et signe dans le dernier opus de la franchise Transformers qui ne dépareille pas avec les deux précédents.
On aurait presque pu réutiliser à l'identique notre article sur
Transformers 2 la revanche pour évoquer le cas épineux de
Transformers 3, la face cachée de la Lune. Tout simplement parce que la conclusion de la trilogie de destruction massive de
Michael Bay se pose dans la droite lignée de ses prédécesseurs et malgré les dires souvent contradictoires de son concepteur. Si le bonhomme à laissé croire qu'il avait été blessé dans son orgueil par la montagne d'attaques recensées en 2009, au point de changer son fusil d'épaule, c'était juste pour mieux calmer les esprits échaudés en attendant de redonner le bâton pour se faire battre.
Vous avez aimé/détesté
Transformers 1 et
2, il n'y a donc pas de raisons que cela change. Les uns se satisferont d'un divertissement totalement décérébré, les autres seront toujours plus effarés de la bêtise chronique d'une saga qui cultive encore plus intensément ses qualités visuelles (les effets spéciaux d'ILM) tout comme ses innombrables défauts. La vulgarité perdure. Les relents de machisme sont encore là (le remplacement de
Megan Fox par la plante verte
Rosie Huntington-Whiteley ne change rien à l'affaire). Et les gags poussifs pullulent durant deux interminables heures de sous intrigues étirées jusqu'à l'usure, pour finalement déboucher sur l'éternel affrontement entre Autobots et Decepticon qui n'exigeait pas une mise en place aussi longue pour se justifier. Il y avait pourtant matière à tirer de son alléchante introduction (le secret de la conquête lunaire) mais pendant les ¾ du temps,
Transformers 3 brasse du vent. Un incommensurable vide alourdi par la caution débilo-comique de la franchise assurée par les caméos embarrassants de
Ken Jeong,
Frances McDormand et
John Malkovich dans un grand numéro d'auto humiliation (contre un épais cacheton) et les facéties adolescentes d'un
Shia LaBeouf plus insupportable que jamais.
Pour un cinéaste comme
Michael Bay ayant toujours été pour défendu par ses fans pour sa supposé générosité pyrotechnique, il faut avouer que le réalisateur se montre indigne de sa légende pendant 120 minutes pleine d'une attente désespérée. Jusqu'à ce qu'enfin il décide de se lâcher dans un long tunnel de ¾ d'heure faite d'explosions et de déflagrations ininterrompues en plein Chicago assiégé. Une délivrance compte tenu que, par rapport au passé, la lecture du champ d'action se révèle hautement plus satisfaisante grâce à une 3D obligeant notre ami à totalement repenser ses vieux tics de montage. Enfin ses plans respirent. Enfin on a le sentiment de comprendre ce qui se passe (et vu ce qui se déroule sous nos yeux il aurait été dommage d'en perdre une miette) même si le spectacle – fracassant - s'avère dépourvu de moelle (les personnages étant horripilants on se moque bien de ce qu'il peut leur arriver) et répétitif dans sa construction générale.

Alors que cette technologie est devenue un encombrant argument de vente dans 98% des productions actuelles, la trois dimension stéréoscopique constitue le meilleur atout de
Transformers 3 (brillante démo technique pour home cinéma mais piètre œuvre cinématographique) et de
Michael Bay qu'on ne veut plus voir tourner sans. Ce qui semble plus probable que de le voir un jour annihiler l'indécrottable superflu de ses derniers films qui fout en l'air tous ses efforts de plasticien surdoué de l'image. Pitié Michael refait-nous un
Rock d'1H30 !
Deux interminables heures de beaufferie + un satisfaisant final explosif de quarante minutes = Transformers 3, la face cachée de la Lune. A chacun de voir si le calcul offre un indice de satisfaction suffisamment élevée pour ne pas regretter d'y mettre les pieds. En ce qui nous concerne, le paiement de l'addition a toujours du mal à passer.