Repéré grâce à Easy Money, Daniel Espinosa fait ses premières armes dans le cinéma d'action américain. Mission accomplie ?
Agent dormant préposé à la surveillance d'une planque de la CIA en Afrique du Sud, Matt Weston ne souhaite qu'une chose : pouvoir faire ses preuves. Au même moment, Tobin Frost, un ancien cador de la maison passé à son propre compte, réapparaît dans une ambassade de Cape Town. Amené dans la planque tenue par l'agent Weston, le prisonnier a à peine le temps d'être interrogé qu'un commando prend d'assaut les lieux, obligeant le bleu à assurer seul le transfert de Frost vers un autre refuge… Fuyant cet escadron de la mort, Weston doit également se méfier de son passager, dangereux manipulateur, qui sous-entend qu'une taupe en haut de la hiérarchie est responsable de la situation. En temps normal, toute la question de
Sécurité rapprochée serait de connaître l'identité du traître mais vu avec quelle rapidité il est aisé de démasquer le coupable et l'aboutissement narratif de cette course-poursuite effrénée, il apparaît clairement que le but du film est de fournir sa dose d'adrénaline au spectateur plutôt que faire travailler ses méninges. Ce en quoi le premier long-métrage à dimension internationale du suédois
Daniel Espinosa (Easy Money), se montre extrêmement généreux. Effectivement ce ne sont pas les déflagrations et les tôles froissées qui manquent dans cet actionner pur et dur permettant à Universal de capitaliser sur la vague de thriller post-Jason Bourne (
Taken,
Sans identité…) en attendant de pouvoir livrer l'attendu
The Bourne Legacy.
Cadrages instables, montage tranché, lumières saturées… le style visuel de
Sécurité rapprochée aborde clairement la ch
arte graphique induite par la trilogie de Doug
Liman /
Paul Greengrass (normal ils partagent le même directeur de la photo), et reprise depuis à toutes les sauces. Dans le cas présent, Espinosa fait office de bon élève, imposant une mise en scène percutante, destructrice mais jamais soumise à un abatage épileptique et illisible de l'action. On profite donc au maximum d'un divertissement bourrin, parfaitement clair dans ses intentions aussi modestes que calibrées. Avec un cahier des charges de cet acabit, difficile d'inclure un peu de personnalité à l'ouvrage. Pourtant son réalisateur réussit de temps à autre à inséminer un peu de caractère dans le traitement des personnages principaux campés avec conviction par le duo
Denzel Washington /
Ryan Reynolds. Une personnalisation rattrapée ensuite par les contingences d'une conclusion affaiblie par un moralisme pompeux qui supprime le bouquet final de ce joli feu d'artifice remplissant comme il se doit sa mission. Son principal objectif consistait à montrer les aptitudes de
Daniel Espinosa à se fondre dans le moule hollywoodien avec polyvalence. En cela
Sécurité rapprochée se révèle un bon exercice de style sur lequel l'européen s'est fait la main avant de partir à la conquête des Etats-Unis avec un meilleur arsenal.
De l'action, de l'action et encore de l'action dans ce thriller visuellement chiadé qui se voit essentiellement comme un passage test pour son réalisateur Daniel Espinosa. Convainquant dans le genre.