Après Animal Kingdom, l'Australie nous gratifie cette année d'un nouvel électrochoc : Les crimes de Snowtown.
La famille de Jamie est au bord de l'implosion depuis que lui et ses frères ont subi les outrages d'un voisin pédophile. C'est alors que sa mère fait la connaissance de John Bunting, un homme affectueux et prévenant qui va permettre au garçon de reprendre confiance en lui. Au fur et à mesure que John devient le chef de file et le leader d'une milice de quartier, celui-ci commence à dévoiler son côté sombre. Mais quand Jamie commence à comprendre sa vraie nature, il est déjà trop tard. Le voilà devenu complice d'un des faits divers qui a défrayé la chronique dans l'Australie des années 80. Une affaire que pour son premier long-métrage,
Jerry Kurzel traite avec une dérangeante neutralité. Pas une seconde il ne semble vouloir juger les actes de ses personnages divulgués dans une atmosphère glaçante aussi frontale que malsaine.
Sans doute pour mieux percer à jour l'énigme que reste le cas John Bunting: impitoyable serial-killer à la mine charmante et joviale (
Daniel Henshall à qui on donnerait le bon dieu sans confession), parasite contaminateur d'une communauté dont il fait ressortir les bas instincts bestiaux et lui transmettre sa folie arbitraire qui au gré des meurtres se libère de toute logique. Car peut-on trouver une quelconque justification pour des exécutions sommaires que
Les crimes de Snowtown choisi variablement d'éclipser ou justement de s'attarder en longueur avec l'insupportable inactivité d'un témoin privilégié et complice que fut l'adolescent. Une manière terrible de saisir l'horreur d'une descente aux enfers glissant progressivement vers l'inintelligibilité d'actes amoraux conduisant le film vers un cauchemar sensitif éreintant. Tout juste pourra-t-on reprocher au rythme pesant de se montrer parfois distendu ou malhabile. Pour son coup d'essai, il s'en est fallu de peu pour que
Jerry Kurzel signe un coup de maître. La prochaine fois peut-être.
Un regard sans concession et d'un voyeurisme terrifiant sur le plus dangereux des tueurs en série australiens. Subsiste toutefois quelques longueurs.