Depuis des années, les journaux, et tout le reste de l’industrie, nous rabâche le mythe du célibataire pour se faire un maximum d’argent. Un cinéaste a enfin eu une enfin de génie : « pourquoi ne pas faire pareil ? »
Ben, la trentaine dépassée depuis 5 ans, se prépare à faire sa demande en mariage à Karine, avec qui il vit depuis 3 ans. Son monde s’écroule tout à coup. La trentaine le laisse tomber. En plus d’apprendre qu’il est loin des sommets au lit, il devient célibataire. Il rejoint alors son ancienne bande d’amis. A part Nathan, le dentiste marié à une tortionnaire, elle n’est composée que de célibataires. Ludo est un éternel looser qui ne mène jamais un projet à bien et qui abrite chez lui Aissa, photographe puceau homosexuel refoulé. La dernière membre est
Nelly, divorcée qui assume. Bienvenue dans le monde de
Jean-Michel Verner, ancien acteur invisible qui signe ici son second film après
Jeu de cons en 2000. Semble-t-il gavé avec ce qui se fait de pire point de vue teen movie et de comédies françaises, il nous sort avec
Célibataires une pléiade de personnages clichés tirés des films pour adolescentes. Déjà nuls, ils en deviennent pathétiques quand on repense au fait qu’ils ont 30 ans. Le scénario est juste navrant, touchant à la fois le fond de l’humour pas drôle et du romantisme niais. Même les fans des comédies les plus lourdes, comme moi, n’y trouveront pas leur compte.
Si le synopsis peut donner une comédie sympa traitée par des gens de talent, on est ici loin du compte. Le film tourne vite en rond pour finir en queue de poisson avec une romance à l’eau de rose. Certains gags (ne parlons pas de scènes pour cet agencement maladroit de sketches) atteignent le niveau des caméras cachées servant de bouche-trous pendant les pubs pour TF1… Le tout devient insupportable lorsque le scénariste nous impose sa vision novatrice de la réalisation. Sa tentative ridicule de stylisation se résume à enchaîner à toute vitesse les très gros plans cadrés de travers. Quelques moments de bravoure se révèlent toutefois être de petits bijoux. Lors des moments forts en sentiments de son film,
Jean-Michel Verner se découvre une fibre lyrique superbement ridicule donnant enfin au spectateur l’occasion de rire. Dans ce calvaire, on en arrive à plaindre les acteurs, qui restent somme toute sympathiques. Les seuls rires que nous arrachera au final
Célibataires sont nerveux, l’épreuve éprouvante qu’est ce film usant les nerfs jusqu’à ce point parfois.
Pourquoi ? Alors que la bande du Saturday Night Live (
Stiller,
Ferrell,
Carrey…) truste les grosses comédies américaines, que se passe-t-il en France ? Des acteurs venant de la scène ou de la télé enchaînent des bouses sans noms bourrées d’effets spéciaux qui ne sont ni drôles ni spectaculaires. Des comédies au budget plus petit misent tout sur la présence d’un acteur de renom pour nous livrer une soupe populo-imbuvable où les clichés se battent pour voir lequel est le plus caricatural. Si Eric et Ramzy semblent avoir pris conscience de la nullité abyssale de leurs dernières productions, qu’en sera-t-il des autres ? Pourquoi est-il si facile de produire des comédies fades, sans personnalités ni humour ? En attendant des réponses à ces questions philosophiques, réjouissons-nous des quelques OVNI humoristiques que sont
Sheitan, le prochain
Albert Dupontel ou encore
Les clefs de bagnole de
Laurent Baffie, la comédie française la plus drôle de ces dernières années qui, de plus, avait un concept cinématographique plutôt sympa. Malheureusement, un échec commercial… Réalisation insupportable, Célibataires oublie d’être drôle et émouvant mais ne rate jamais le pathétique.